RDC, Somalie, Guinée-Bissau…
Retour en force des faiseurs de conflits
Par Le Potentiel
L'Afrique est menacée. Plus une seule partie du continent africain n'est à l'abri des mouvements insurrectionnels, de déstabilisation des institutions nationales. Et ce, à cause de ses richesses, de sa position géostratégique. Hier, c'était la Somalie, déjà en déliquescence. Aujourd'hui, c'est la République démocratique du Congo de subir la balkanisation compte tenu de ses innombrables richesses. Et voilà le coup de force, monté et manqué, de la Guinée-Bissau, oeuvre des narco-dollars. Ce n'est pas du tout des faits divers. Les « faiseurs de conflits », pour des raisons économiques, sont de retour. Déstabiliser l'Afrique, contrôler ses richesses et mieux consolider l'existence des « groupes identitaires », tels sont leurs objectifs. Création des « Etats nains » oblige.
L'Afrique est-elle de nouveau mal repartie ? L'on serait tenté de répondre par l'affirmative à cette pertinente interrogation au regard de la succession des actions dans le continent noir. En l'espace de deux décennies, l'on a assisté à une variété d'actions qui doivent interpeller les consciences sereines.
Hier, la Sierra Leone, le Liberia. Aujourd'hui, la République démocratique du Congo, le Darfour sont en ébullition. Et voilà maintenant la Guinée-Bissau est en agitation. Entre-temps, la Somalie n'existe plus en tant qu'Etat. Que se passe-t-il ?
Interrogation qui doit interpeller l'Union africaine si elle ne veut pas que l'Afrique replonge dans les années d'incertitude de 1960. Plus que jamais, l'Afrique est au centre de intérêts divergents à cause de ses richesses incommensurables. Qui plus est, elle risque de subir le contrecoup des appétits gloutons de grandes puissances qui, face à ces crises alimentaire, financière internationale, s'acharnent à conquérir des espaces économiques, à contrôler des richesses pour se mettre à l'abri des conséquences imprévisibles. Elles donnent ainsi raison à Alain Minc qui a estimé que la IIIème guerre mondiale aura bel et bien lieu avec cause principale, la raison économique.
Diamant, coltan, nobium, pétrole, drogue
On ne peut que lui donner raison. Lorsque l'on jette un regard lointain, les conflits armés en Afghanistan, en Irak, ne signifient nullement que dans ces pays la démocratie serait une illusion. Nenni. Mais tout simplement parce qu'ils regorgent des potentialités énormes qu'il faut à tout prix faire passer sous contrôle de grandes puissances.
En effet, la Mer Caspienne en Afghanistan demeure une réserve inépuisable de gaz. Il s'agit d'une potentialité énergétique sans précédent. L'Irak est l'un des pays aux ressources pétrolières importantes. Faut-il les laisser aux mains des « apprentis sorciers » ? Ce serait naïf de répondre par l'affirmative.
En Afrique, la République démocratique du Congo, nonobstant les turpitudes de ses dirigeants obsédés par le pouvoir, les richesses du Congo sont très attrayantes et suscitent des convoitises. Sinon, on ne peut comprendre que la classe politique congolaise continue à tourner autour du pot sans aller droit au but pour des solutions qui feraient passer avant toute chose l'intérêt supérieur de la Nation.
Subterfuge sur subterfuge, subtilité sur subtilité, la clase politique congolaise malléable à souhait prête le flanc à des faiseurs de conflits pour qu'ils contrôlent les richesses congolaises. Le diamant, l'or, le coltan, le nobium attirent des vautours de tout bord. Le pays est au bord de la balkanisation sur fond de prétextes futiles qui, en 1960, ne valaient pas la peine pour autant que la RDC demeure une mosaïque de tribus. Aujourd'hui, au nom de la protection des minorités, mais pour contrôler les richesses congolaises, on invente tout un artifice.
Voilà plus de deux décennies que la paix est insaisissable en RDC nonobstant la présence de 17 mille casques bleus, bientôt 20 mille. Mais rien n'y fait. Plus de 5 millions de morts qui n'émeuvent personne, particulièrement dans la partie occidentale de l'Europe et de l'Amérique allergiques aux droits de l'homme.
Que dire de la Somalie déjà en déliquescence ? Impuissance devant ces actes de piraterie, émanation des pays industrialisés. Toute une armada en mer et océan, comme dans un défilé de mode ou en parade, incapable de neutraliser les pirates qui réalisent des exploits inédits à la barbe de ces puissances occidentales. C'est à dormir debout. Comme en République démocratique du Congo, cette force internationale est incapable de « neutraliser » les pirates somaliens. Incroyable. Gros mensonge.
L'Afrique déstabilisée
Que l'on ne se fasse point d'illusions. L'Afrique est en train d'être déstabilisée sur toute sa dimension continentale. Comment expliquer que 20 mille casques bleus soient incapables de neutraliser près de six mille rebelles en République démocratique du Congo ? Entre-temps, l'on se perd en conjectures en évoquant le chapitre VII de la Charte de Nations unies pour créer des zones tampons qui pourraient devenir des limites territoriales. Mais sans arrêter le commerce clandestin des richesses naturelles de la RDC et le trafic frauduleux des armes.
Les faiseurs de conflits ont déjà réussi à faire de la Somalie un « non Etat ». Pour preuve ? Cette piraterie qui a pris de l'ampleur au vu et au su de grandes puissances militaires occidentale et orientale. Une armada est même dépêchée sur les lieux, en haute mer et océan ; mais se pavane. A l'image des casques bleus en RDC qui admirent les collines du Kivu, aux larges de la Somalie, les frégates et navires de guerre font le défilé de mode. Cynique. Et pourtant, des navires sont arraisonnés par de petites embarcations, mais l'on se contente des déclarations médiatiques. Rien de plus. Complicité.
La Guinée-Bissau est devenue le centre névralgique du trafic de drogues. Les narco-trafiquants s'y adonnent à coeur joie à ce commerce meurtrier pendant que de grandes puissances ont déclaré la guerre à ces narco-traficants. Rien n'y fait, alors que le circuit est connu en partant de l'Amérique du Sud. La lutte internationale contre ce commerce se porte bien. Par contre, ce sont les institutions nationales qui prennent un grand coup. En RDC, en Somalie, et maintenant en Guinée-Bissau. Ce dernier pays a comme voisins immédiats la Guinée Equatoriale, pays pétrolier, le Sénégal, la Côte d'Ivoire. C'est l'Afrique occidentale qui est menacée.
L'Union africaine interpellée
Il ne s'agit point ici des faits divers. Mais des événements qui se lient et se complètent pour souligner le retour en force des « faiseurs de conflits » Des ennemis du développement de l'Afrique qui visent à instituer des « Etats nains » en vue de contrôler les richesses de l'Afrique.
L'Union africaine est interpellée et devrait refuser de banaliser les faits comme pour croire qu'en Afrique, il est impossible d'instituer des « Etats démocratiques et prospères ». Que des élections n'auraient aucun sens sur ce continent.
L'heure est grave. Le moment est venu d'aller au fond des choses pour neutraliser tous ces «faiseurs de conflits » qui agissent au nom des intérêts économiques. De cette nouvelle approche néfaste de la géostratégique qui marginalise l'Afrique.
Dans un rapport titré « On va vous écraser »
HRW signale la disparition de 500 opposants en RDC
Par Louis-Paul Eyenga Sana
Human Rights Watch a publié hier mardi 25 novembre un rapport fort accablant de 96 pages où cette Ong dénonce la « répression brutale » menée par le régime du président Joseph Kabila en RDC.
Ce document intitulé « On va vous écraser » signale que les forces de sécurité gouvernementales ont tué délibérément ou exécuté sommairement au moins 500 opposants présumés et en ont détenu environ 1.000 autres, dont beaucoup ont été torturés.
Il dénonce également « le silence » des gouvernements étrangers et de la communauté internationale sur ce drame qui se joue dans la partie Ouest de la RDC au moment où toute l'attention est focalisée sur la crise de l'Est.
Ecraser les opposants
Mme Anneke Van Woudenberg, chercheur principal à la Division Afrique de Human Rights Watch qui présentait ce rapport, a noté la restriction de l'espace politique en RDC. Elle a relevé aussi « l'utilisation par le gouvernement de Joseph Kabila de la violence et de l'intimidation pour éliminer les opposants politiques ». Pour Anneke Van Woudenberg « le président Kabila lui-même donnait le ton et la direction en intimant des ordres pour « écraser ou neutraliser les ennemis de la démocratie ».
Alors que tout le monde se concentre sur les violences dans l'Est de la RDC, les exactions du gouvernement contre les opposants politiques attirent peu d'attention, a observé Anneke Van Woudenberg qui précise que « les efforts pour construire un Congo démocratique sont étouffés non seulement par la rébellion mais aussi par la répression menée par le gouvernement de Kabila ».
Le document souligne également que « les personnes qui, dans l'Ouest de la RDC, contestent les politiques gouvernementales font l'objet d'une répression brutale, tandis que dans l'Est, le conflit armé avec les forces du général rebelle Laurent Nkunda ont abouti à de terribles atrocités commises par toutes les parties ».
Selon ce document de 96 pages, « les agents de l'Etat ont particulièrement pris pour cible les personnes originaires de la province de l'Equateur ainsi que d'autres soupçonnées de soutenir le candidat présidentiel vaincu, Jean-Pierre Bemba ».
Ils s'en sont pris également « à des adhérents de Bundu dia Kongo (BDK), le groupe politico-religieux basé au Bas-Congo qui encourage une plus grande autonomie provinciale et a recueilli un appui considérable aux élections législatives ».
Le rapport a rappelé qu'en février 2007 et en mars 2008, les forces de sécurité ont tué respectivement 104 et 200 personnes dans le Bas-Congo lors d'interventions contre le BDK. Depuis deux ans, près de 150 personnes ont été exécutées sommairement à Kinshasa, a précisé Anneke Van Woudenberg qui a ajouté que les subordonnés du président Joseph Kabila ont agi par le biais de plusieurs forces de sécurité gouvernementales, notamment la Garde républicaine paramilitaire, une « commission secrète », le bataillon spécial Simba de la police et les services de renseignements. Ce rapport indique que « des agents de l'Etat ont tenté de dissimuler les crimes en jetant des corps dans le fleuve Congo ou en les enterrant en secret dans des fosses communes ».
Toujours, selon Anneke Van Woudenberg, les autorités congolaises on refusé de reconnaître les exactions commises par des agents de l'Etat en dépit des demandes de l'Assemblée nationale, des médias et d'autres citoyens ou groupes. Les fonctionnaires ont prétendu que les victimes préparaient des coups d'Etat ou menaçaient d'une certaine façon l'autorité de l'Etat, mais ils n'ont produit aucune preuve convaincante à l'appui de ces accusations, et une poignée d'affaires seulement ont été présentées en justice.
Recommandations de HRW
Dans ses recommandations, Human Rights Watch a appelé le gouvernement à mettre en place un groupe de travail sous l'autorité du ministère de la Justice, comprenant des experts en matière de droits humains, afin de documenter les exactions commises par les agents de l'Etat et de libérer les personnes détenues illégalement.
HRW a demandé aux bailleurs de fonds internationaux « de faire de la situation des droits de l'homme, notamment les arrestations arbitraires, les actes de torture et les mauvais ainsi que les harcèlements et les agressions des opposants politiques présumés, une haute priorité dans les dialogues avec les autorités congolaises ».
L'organisation américaine des droits de l'homme a appelé l'Assemblée nationale à ouvrir une enquête publique sur les exactions commises par les agents de la sécurité de l'Etat et à engager des poursuites contre les responsables.
A la Monuc et au Bureau du Haut commissariat aux droits de l'homme, Human Rights Watch demande la publication de leurs rapports sur les graves atteintes aux droits humains en RDC. Dans ses recommandations, HRW presse le gouvernement d'autoriser la Monuc et autres observateurs locaux et internationaux des droits de l'homme à accéder librement à tous les lieux de détention.
En définitive, cette ONG des droits de l'homme sollicite une visite urgente en RDC du rapporteur spécial de l'Onu sur la torture. Et Mme Anneke Van Woudenberg de conclure : « Le peuple congolais mérite un gouvernement qui soutienne ses droits démocratiques, et non un gouvernement qui réprime les opposants ; par conséquent elle a invité le gouvernement à faire un premier pas qui consisterait à traduire en justice les fonctionnaires responsables de meurtres et d'actes de torture ».
Le moins que l'on puisse demander à Human Rights Watch de poursuivre la dénonciation des exactions et les violences sexuelles qui se commettent à l'Est de la RDC où les groupes armés dont celui du CNDP foulent aux pieds les droits de l'homme.
Lambert Mende : « Les accusations de Human Rights Watch sont délibérémment exagérées »
Par Okapi.net/Lp
C'est la réaction du porte parole du gouvernement au rapport de l'ONG de doits de l'Homme. Pour Lambert Mende Omalanga, les accusations de HRW sont exagérées et sans fondement. Il souligne néanmoins que la justice congolaise est prête à condamner les auteurs de ce genre d'acte si des preuves sont établies, rapporte radiookapi.net
Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement, explique : « Je peux qualifier d'emblée d'un tissu d'approximation, sans beaucoup de fondement parce qu'on ne donne aucun élément de preuve. On a l'impression qu'il y a une volonté manifeste de cette ONG, que nous respections beaucoup pourtant jusqu'à présent, de justifier une quête de financement pour pouvoir continuer à travailler en RDC. Nous faire tomber du ciel des révélations de cette nature et, surtout, impliquer notre président dont tout le monde connaît les motivations profondes au respect des droits de l'Homme ! Il ne faut pas nous faire croire ici que rien n'est fait. Nous reconnaissons [que des choses se passent], mais nous disons en même temps que nous gérons ce qui se passe. Et, en tout état des choses, ce qui se dit ici a été délibérément exagéré. »
Conférence euro-africaine
Immigration : l'Afrique demande davantage d'ouverture à l'Europe
Par Le Potentiel
L'Afrique a réclamé hier mardi , à la 2ème conférence euro-africaine sur la migration et le développement, une plus grande ouverture des frontières de l'UE. La solution durable résulterait, selon d'autres Africains, du développement socio-économique des Etats africains.
L'Afrique a réclamé hier mardi 25 novembre à la 2ème conférence euro-africaine sur la migration et le développement une plus grande ouverture des frontières de l'UE tandis que les dirigeants européens ont plaidé pour leur Pacte qui prône une immigration choisie, a rapporté l'AFP.
L'adoption en octobre du Pacte européen sur l'immigration et l'asile «a semé le doute», a affirmé le ministre sénégalais de l'Intérieur Cheijk Tidiane Sy qui participe à cette rencontre de Paris.
«Dans l'esprit des fervents militants du processus euro-africain sur la migration, ce pacte est perçu comme une volonté des Européens de se bunkériser», a-t-il dit avant de demander «un effort d'explication et de clarification».
Le ministre français de l'Immigration Brice Hortefeux, qui a porté le concept d'immigration choisie, avait auparavant plaidé en faveur du dialogue avec l'Afrique et du Pacte européen qu'il a inspiré.
«L'objectif du pacte européen, c'est d'éviter une Europe bunker et une Europe passoire», a-t-il déclaré à l'ouverture de la conférence devant quelque 80 délégations européennes et africaines.
Le Pacte, adopté le 16 octobre à l'unanimité, appelle à une régulation des flux migratoires en fonction des besoins de main-d'oeuvre des Etats de l'UE.
Développement de l'Afrique
Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, a également plaidé pour le Pacte qu'il juge «très équilibré».
Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, s'est félicité de l'adoption du Pacte, tout en reconnaissant qu' «il était difficile d'imaginer, il y a deux ans, que la politique française d'immigration aurait recueilli (son) assentiment». Bernard Kouchner fait partie des personnalités de gauche qui ont rejoint le président de droite Nicolas Sarkozy après son élection en 2007.
«Le Pacte, a-t-il dit, a été la première des réussites consensuelles des 27 pays» de l'UE.Cette unanimité européenne a été battue en brèche par plusieurs dirigeants africains. Ainsi le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri, a appelé l'Europe à davantage de «réalisme».
«Tant qu'il y aura des divergences entre une politique de migration européenne restrictive et les demandes des migrants, les flux d'immigration irrégulière continueront», a-t-il dit.
Par ailleurs, de nombreux Africains estiment que la meilleure façon de combattre l'immigration clandestine serait de promouvoir le développement socio-économique des Etats africains. Ils enjoignent Et ainsi des dirigeants africains à faire table rase des anti-valeurs, mettre fin aux conflits armés, remettre les populations au travail et pratiquer la bonne gouvernance de manière à procéder à la répartition équitable des revenus nationaux.
Ce qui va, sans nul doute, aboutir davantage à la création d'emploi et à l'amélioration des conditions de vie sur le continent. C'est donc une question d'un éveil de conscience collective qui pourra amener les jeunes africains à cesser de caresser le rêve d'accéder «au paradis européen » pour vivre en Afrique et pour l'Afrique.
Pierre Emangongo Kunga & Bienvenu Ipan (Stagiaire)
Affaire Bemba : La CPI divise juristes et ONG des droits de l'homme
(Desire-Israel Kazadi)
Dans les rues de Kinshasa, les gens ne manquent pas de partager leurs avis – parfois contraires – sur le sort de Jean-Pierre Bemba, fondateur du Mouvement de libération du Congo (MLC) transféré en juillet dernier à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerres et crimes contre l'humanité. Plus precisement, l'ancien chef rebelle congolais est soupçonné de meurtres, de viols et de tortures commis entre 2002 et 2003 sur le territoire de la République centrafricaine (RCA), lors de l'intervention de ses troupes venues soutenir l'ancien président Ange-Felix Patasse dans sa lutte contre la rébellion menée par Francois Bozize, désormais chef de l'Etat reconduit à cette fonction par la voix des urnes en 2005. Mais le sort de l'ancien candidat malheureux à l'élection présidentielle congolaise de 2006 fait l'objet de commentaires au sein de la communauté judiciaire de Kinshasa, qui se divise sur le sens à donner à l'article 28 du statut de Rome établissant la responsabilité des chefs militaires et supérieurs hiérarchiques. Pour certains juristes, la CPI a respecté la procédure tandis que d'autres estiment le recours a l'article 28 dans l'affaire Bemba non fondé.
Me Gentil Kasimu Bin Nasibu qui suit cette affaire depuis le début, est un expert du Programme justice internationale de l'Association pour la renaissance des droits humains au Congo, une ONG locale. Il pense que la responsabilité de M. Bemba est engagée dans la mesure où il aurait « décidé d'envoyer ses troupes en Centrafrique sachant qu'elles risquaient d'y commettre des crimes ». L'avocat souligne par ailleurs que le supérieur hiérarchique, selon le statut de Rome, peut être poursuivi pour « les ordres qu'il a donnés ou même pour n'être pas intervenu alors que ses subalternes commettaient des crimes ». Me Kasimu conclue que Bemba devrait être poursuivi pour les crimes attribués à ses forces en territoire centrafricain. Le professeur Nyabirungu, avocat à la CPI et au tribunal pénal international pour le Rwanda basé à Arusha en Tanzanie, partage le point de vue de son confrère, tout en refusant de s'exprimer concrètement sur le cas de M. Bemba. A propos de l'article 28, il explique que « cette disposition concerne des personnes qui n'ont pas commis directement des crimes et, à la limite, qui n'étaient pas la au moment ou ceux-ci etaient perpetres, mais qui exercent une autorité ou un contrôle effectif sur les personnes qui ont matériellement exécuté ces crimes. » Avis contraires Les avis donnés ci-dessus ne font cependant pas l'unanimité dans les milieux des juristes et des organisations des droits de l'homme. Richard Bondo, président de l'Ong locale Avocats sans frontières Congo interprète l'article 28 autrement : « Envoyer des troupes dans un pays tiers implique que celles-ci seront sous le commandement militaire du pays hôte ». D'après Me Bondo, la « logique » de la responsabilité pénale du chef hiérarchique ne tient pas en ce qui concerne M. Bemba. L'activiste estime que Bemba n`était pas à Bangui au moment des faits et conclut que « les responsables qui devraient etre poursuivis sont les autorités militaires centrafricaines, dont dépendaient directement les hommes de Bemba ». «La logique d'imputer la responsabilité à Jean-Pierre Bemba n'est juridiquement pas fondée » complète Maitre Eley Lofele, avocat au barreau de Kinshasa. Il fait allusion au mandat d'arrêt émis le 23 mai dernier selon lequel le « chairman » serait « pénalement responsable, conjointement avec une autre personne ou par l'intermédiaire d'autres personnes » de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. « Comment expliquer que le supposé co-auteur soit arrêté alors que l'auteur principal n'est pour l'instant pas inquiété ? », s'interroge ce penaliste en soulignant qu'a l'époque des faits, Bemba était en droit de répondre à l'invitation d'un chef d'Etat élu. Pour Germain Kambinga, haut cadre chargé de la communication au MLC, celui qui reste son chef ne faisait pas partie de la chaine de commandement de l'armée centrafricaine. Aime Kilolo, avocat de Bemba, observe que son client n'est pas poursuivi pour avoir participé comme auteur ou coauteur à des actes de viols, de pillages et de tortures mais pour avoir maintenu ses 2400 hommes en RCA, bien qu'il ait eu connaissance des actes qui leur etaient imputes. L'avocat du « chairman » explique qu'en janvier 2003, ce dernier avait envoyé une lettre au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RCA, Lamine Cisse, pour lui demander l'ouverture d'une enquête internationale sur les accusations dont ses troupes étaient l'objet. Cette demande n'a jamais été suivie d'effets, jusqu'à ce que la CPI entame officiellement ses poursuites en 2008. « Les troupes du MLC transférées en RCA ont été placées sous le commandement de l'état-major de l'armée centrafricaine. On peut donc se poser la question de savoir si, de jure ou de fait, les actes commis lors de cette expédition relèvent bien de la responsabilité de M. Bemba » s'interroge Me Kilolo. Sur le plan pénal, la réponse lui semble claire : c'est non. Ce debat intervient à quelques jours des audiences publiques programmees à partir du 8 décembre à La Haye, au cours desquelles les juges décideront de confirmer ou non les charges retenues par le procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo contre Jean-Pierre Bemba et d'éventuellement renvoyer celui-ci devant la chambre de premiere instance pour y être jugé.
2008-11-25
Un sommet de la CEEAC va se tenir la semaine prochaine à Kinshasa
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| Tutsi et Hutu s'accordent pour occuper le Kivu-Ituri | ![]() |
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Les choses bougent à l'Est du Congo pendant que Kinshasa traîne les pieds. Selon plusieurs sources crédibles, le retrait par Nkunda de ses rebelles de 40 km du front nord n'est pas à mettre à l'actif de la médiation d'Olusegun Obasanjo mais d'un accord conclu à Kigali entre les Hutu et les Tutsi pour contrôler ensemble le Kivu-Ituri. Notez que cet accord Hutu-Tutsi n'est pas en soi nouveau. Depuis le début de la guerre du RCD-Goma en 1998, Hutu et Tutsi ont toujours collaboré pour occuper le Kivu, raison pour laquelle les congolais les appellent communément et indistinctement « rwandophones ». L'accord Hutu-Tutsi qui vient d'être formellement conclu à Kigali est la dernière trouvaille des Tutsi pour combler leur déficit numérique en combattants et cadres politico-administratifs pour gérer l'espace conquis, mais surtout, pour camoufler l'alibi des FDLR qu'ils ont brandi jusqu'à maintenant comme motif de leur agression de la R.D. Congo. Les FDLR qui disparaissent sur terrain chaque fois Nkunda attaque l'armée congolaise vont selon toute vraisemblance disparaitre de la rhétorique de la guerre d'agression et d'occupation dont la R.D. Congo est victime. Il n'est pas impossible que les FDLR soient amnistiés ou mixés avec les rebelles de Nkunda. Déjà Nkunda, dans son meeting public d'hier à Rutshuru, a commencé à intégrer les Hutu dans son cahier des charges en disant qu'il a pris les armes pour défendre les minorités Hutu et Tutsi qui avaient fui au Congo lors du génocide de 1994. On passe donc d'une minorité tutsi en danger à deux minorités Hutu et Tutsi en danger d'extermination à l'Est du Congo. La vérité est que ce sont les Tutsi qui menacent d'exterminer les tribus congolaises du Nord-Kivu. Les Hutu massacrés par les Tutsi de Nkunda à Kiwanja dans la nuit du 5 au 6 novembre passé ont eu la malchance de vivre avant la conclusion de cet accord Hutu-Tutsi… Si cet accord peut soulager tant soit peu les Hutu déplacés partout au Nord-Kivu, il rappelle un trait caractéristique de la stratégie des Tutsi qui se servent souvent des congolais pour avancer leur agenda avant de les lâcher comme des citrons pressés une fois qu'ils ont atteint leur objectif. L'accord Hutu-Tutsi est un signal fort de ce que Nkunda attend faire dans les Territoires de Rutshuru er de Masisi où les Hutu sont nombreux. Notez que cet accord est muet sur le sort des autres tribus telles que les Hunde, les Nande, etc. ? Dopés par les Hutu et les Faux FDLR, les Tutsi espèrent renforcer ses rangs pour poursuivre leur conquête du Kivu-Ituri au profit des multinationales intéressées par les réserves du coltan, du pétrole, de l'Or, du gaz méthane, du bois, etc. Sachant que plusieurs commandants Fardc à l'Est du Congo sont rwandophones, l'accord Hutu-Tutsi voudrait accélérer la conquête du Kivu-Ituri. Comme Kinshasa ne veut pas changer l'hiérarchie militaire à l'Est du Congo en dépit de sa trahison avérée, les Fardc commandés par les Tutsi et les Hutu ne peuvent pas défendre la R.D. Congo comme ils les voudraient. Aussi, les fonds du trésor public congolais alloues à ces généraux rwandophones servent plutôt l'occupation du pays. Il faut un bon nettoyage des écuries des Fardc et du gouvernement congolais pour sauver le Congo des griffes des rwandais. . L'accord Hutu-Tutsi au front du Nord-Kivu confirme ce que les congolais soupçonnaient déjà que le front du Nord-Kivu était devenu le mouroir des Fardc loyalistes. Les commandants Tutsi et Hutu des Fardc avaient réussi à faire tuer au front des vaillants fils congolais pour préparer en douceur la capitulation de l'armée congolaise. On comprend aussi pourquoi les parrains internationaux de la rébellion disent toujours qu'il n'y aura pas de solution militaire à la rébellion de Nkunda. Pendant que ces parrains de la rébellion continuent à fournir des armes à Nkunda, ils disent aux congolais qu'il n'y aura pas une solution militaire. Pendant que les mêmes parrains de la rébellion bombardent les positions des terroristes en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, etc., la R.D. Congo doit dialoguer avec un terroriste responsable de 6 millions des morts ? . On comprend mieux aujourd'hui pourquoi le front-mouroir de Rutshuru et du Masisi avait déplacé de tous les coins du Nord-Kivu tous les militaires pour les faire combattre. Plusieurs commandants y ont laissé leur vie. Si chaque front de guerre est un mouroir, on peut tout de même se demander si les Fardc tués au front de Rutshuru et du Masisi n'étaient pas plutôt tombés dans un guet-en-pans Hutu-Tutsi. Le fait que Kinshasa n'ait pas envoyé des renforts militaires au front paraît aussi comme une participation complice à l'occupation Hutu-Tutsi de l'Est du Congo privé de ses combattants. Maintenant que les éléments capables de défendre le Congo ont été éliminés ou réduits sensiblement et maintenant que Nkunda occupe un territoire plus grand que le Rwanda et le Burundi, l'occupation change de stratégie et de rhétorique. Les FDLR seront réhabilités dans leur identité des Hutu et auront part au chapitre. C'est peut-être la raison pour laquelle Nkunda attaquait l'armée congolaise chaque fois que le gouvernement congolais voulait rapatrier les FDLR au Rwanda. La Monuc avec son DDRR n'aurait donc marché pour les mêmes raisons. Les attaques contre les Mai-Mai étaient plus musclées et organisées. Mais attention ! Avec un gouvernement faible et complice à Kinshasa, les rwandophones peuvent continuer à dire que les FDLR ont fui à l'Equateur pour expliquer une attaque et une occupation de l'Equateur, et ainsi de suite jusqu'à Kinshasa. .Pour qui connait les rwandais, l'attaque des Mai-Mai qui n'ont pas été inclus dans l'accord Hutu-Tutsi se précise. Plusieurs medias des grandes puissances anglo-saxonnes y compris la Radio Onusienne Okapi ont commencé a étalé les méfaits des Mai-Mai, les enfants-soldats avec des généraux de 12 ans comme s'il s'agissait des faits nouveaux, etc. Après les FDLR, les Mai-Mai risquent de constituer le motif principal de la guerre d'occupation du Kivu-Ituri. Notez que les medias des grandes puissances anglo-saxonnes n'ont jamais voulu faire mention du génocide commis à Kiwanja par le CNDP ! Heureusement qu'il y a encore dans le monde des medias libres qui ont fait connaitre au monde les images de ce génocide de Kiwanja ! Bref, les grandes puissances anglo-saxonnes travaillent pour vendre l'image de Nkunda àleurs contribuables. D'où la perpetuelle question de savoir ce qu'attendent les amis du Congo pour contredire les amis anglo-savons de Nkunda... Après l'accord Hutu-Tutsi, l'ONU a finalement accepté de fournir 3000 casques bleus supplémentaires. Pas de surprise en cela ! Les observateurs du conflit congolais pensent que les 3000 casques bleus promis au Congo seront vraisemblablement affectés au Kivu-Ituri pour imposer le cessez-le feu dans la zone tampon autour du territoire qui sera contrôlé par la coalition Hutu-Tutsi. Ils peuvent mettre fin à l'errance des déplacés congolais mais pas à la rébellion de Nkunda. Si la Monuc n'a rien fait avec 17000 troupes, qu'est-ce qu'elle peut faire avec 3000 troupes supplementaires? Les congolais doivent cesser de rêver d'une Monuc Père Noël. Si Kinshasa ne prend pas les choses en mains, le Congo court le risque de s'acheminer vers une grave et longue fracture Est-Ouest, avec le Kivu-Ituri comme territoire occupé ou territoire sous mandat de l'ONU, des sommets de paix pour la réunification, etc. Entretemps, les anglo-saxons et leurs alliés internationaux mettront la main basse sur les richesses naturelles congolaises. Le scenario ci-dessous ne peut se réaliser que si Kinshasa continue de subir les événements sans rien entreprende au niveau national et international. Et pourtant la R.D. Congo a tous les atouts de faire échec à cette balkanisation que mijotent les grandes puissances anglo-saxonnes. Le peuple congolais ne veut pas de domination rwandaise. Si le silence de Kinshasa continue vis-à-vis de l'occupation de l'Est du pays, le peuple congolais se réserve le droit de le destituer et de le faire remplacer conformément à la constitution de la R.D. Congo. On parlerait dans ce cas de revolution congolaise. Beni-Lubero Online |
| Fortune de Mobutu en Suisse: un magot bien embarrassant | ![]() |
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La Suisse s'apprête à restituer à la famille de l'ancien président zaïrois Mobutu Sesse Seko , des fonds dissimulés dans ce pays, après qu'elle eut tenté à maintes reprises de les restituer à Kinshasa pour qu'ils soient réinjectés dans les caisses de l'Etat. Bien évidemment, face au silence supposé ou réel des autorités de Kinshasa, il ne fallait pas s'attendre à ce que la famille de l'ancien président fît la fine bouche devant ce magot estimé à 8 millions de dollars. Au cas où les autorités congolaises n'auraient pas effectivement réagi, on aurait du mal à comprendre leur attitude. Quel intérêt ont-elles à rester sourdes à l'appel du pied des autorités suisses ? Un rapatriement de la fortune du Vieux léopard peut-il, d'une façon ou d'une autre, être de nature à embarrasser le pouvoir congolais ? La République démocratique du Congo (RDC) a-t-elle jugé trop complexe, la démarche à suivre pour que l'argent retrouve le chemin des caisses de l'Etat ? Ou bien n'est-elle pas en mesure d'apporter la preuve que les capitaux étaient bel et bien de l'argent public ? En tout cas, la RDC n'aura pas engagé un combat perdu d'avance puisque, dans le cas d'espèce, la Suisse manifeste une volonté de coopérer et mieux, lui indique la voie à suivre dans la procédure de restitution de la fortune de l'ex-président. En adoptant une telle démarche, Genève a sans doute fini par trouver le magot bien trop encombrant. A-t-elle aujourd'hui mauvaise conscience ? Se cherche-t-elle une porte de sortie honorable ?
Se conforme-t-elle aujourd'hui, et malgré elle, au nouveau contexte où les appels à la lutte contre les paradis fiscaux se sont faits plus pressants ? Quoi qu'on dise, il n'est jamais trop tard pour bien faire ; pour faire le pas qui peut contribuer à changer l'image de «coffre-fort» de dictateurs africains qui lui a toujours collé à la peau. Mieux c'est un signal fort que la fédération helvétique envoie à tous ces prédateurs africains qui croient trouver en la Suisse, l'un des meilleurs endroits du monde pour blanchir et faire fructifier leurs biens mal acquis. De la fortune de Mobutu, la Suisse n'aurait saisi qu'une infime partie, le reste de la manne s'étant, dit-on, envolée vers d'autres paradis fiscaux. Elle avoisinerait en tout, 2,7 milliards d'euros. C'est donc dire qu'il y a toujours une énorme quantité d'argent qui dort dans d'autres asiles financiers.
A qui profitent ces dissimulations ? D'abord à leurs auteurs, à leurs proches, mais aussi aux pays de destination ou d'accueil. Tout cela se fait au détriment de populations toujours plongées dans l'attente d'un quotidien meilleur. Comment mettre fin à ce mal qui constitue un sérieux handicap pour le développement du continent ? Il est clair que les sociétés civiles africaines doivent être aux avant-postes de la lutte. Elles ne doivent pas toujours être à la remorque des organisations de la société civile occidentale qui disposent, il est vrai, de plus de moyens pour mener des luttes plus percutantes.
Mais il y va aussi de la responsabilité des pays du Nord. Car, bien souvent, les soutiens étrangers dont bénéficient la plupart des dictateurs et l'opacité qui règne autour de l'acquisition de leurs biens font des pays du Nord des complices, en toute connaissance de cause, de l'enrichissement personnel de ces «dictateurs amis» protégés au plus haut niveau. Au-delà de l'hypocrisie manifeste des pays occidentaux, se pose un problème d'éthique de la gouverrnance internationale. Comment en effet penser autrement, quand l'Occident, tout en posant des actes de générosité à l'égard du continent, est prêt à héberger dans ses coffre-forts, les fortunes de dignitaires africains qui n'éprouvent aucune gêne à piller leur peuple ? Plus de 2 milliards d'euros dans les paradis fiscaux ! Une somme astronomique qui n'est pas sans amener à s'interroger sur l'état de la gouvernance économique qui prévalait à l'époque dans l'ex-Zaïre.
L'ère Mobutu, comme dans bien d'autres pays d'Afrique qui vivaient sous le parti unique, avait produit ses tares au nombre desquelles la quasi-inexistence des mécanismes de contrôle de la gouvernance sur tous les plans, politique, économique, démocratique, etc. Comment s'étonner alors que la nature des pouvoirs à l'époque et la faiblesse des institutions des pays africains aient donné des idées à bien des chefs d'Etats de garder de côté quelques fonds, pour assurer leurs arrières et leur avenir ? Que Mobutu ait exercé des prédations sur son pays, cela ne fait aucun doute. Il faut à présent espérer que tout cet argent enfoui dans les paradis fiscaux reviendra, d'une manière ou d'une autre, à la RDC. Que serait aujourd'hui la RDC si la fortune de Mobutu était reversée dans les caisses de l'Etat ? 2,7 milliards d'euros, ce n'est peut-être pas grand-chose pour ce pays que la nature a comblé de ses grâces infinies.
Mais un véritable cadeau du ciel pour le peuple congolais dont les innombrables attentes sociales restent toujours à satisfaire. Mieux, un retour des fonds de Mobutu dans les caisses de l'Etat aurait tout d'un symbole. Le symbole que la RDC n'est plus celle d'avant, qu'elle s'est engagée à rompre avec les pratiques du passé. Ne manifester aucun intérêt à la question du rapatriement des biens de Mobutu, c'est en quelque sorte encourager tous ces Congolais et Africains qui ont choisi d'emprunter le même chemin que les Mobutu et autres.
«Le Pays»